Parole aux architectes - Grand Hôtel-Dieu

Parole aux architectes

Parole aux architectes du projet, Didier Repellin, architecte en Chef des Monuments Historiques, et Albert Constantin, AIA associés.

Didier Repellin

La cohérence de l’œuvre reçue est suffisamment forte pour simplement la restaurer et supprimer tous les “bricolages” rapportés sans conception.

Mais il faut ajouter une page créatrice de l’architecture avec la construction de bâtiments d’aujourd’hui, pour parachever la cohérence du site et le relier à nouveau avec le quartier environnant et les flux des visiteurs locaux et étrangers.

L’esprit de générosité dans sa fonction historique et l’appropriation de la collectivité qu’a toujours symbolisé l’Hôtel-Dieu, seront perpétués. Il s’agit donc, non pas d’un palais mais d’un bâtiment public, ouvert à tous, avec des activités variées, cohérentes et légitimes avec le passé, ce qui renforce les fondations, pour rebondir de façon plus juste. Car le lien entre tradition et modernité est fondamental. L’ensemble des fonctions du site doit avoir pour toile de fond la vraie notion d’humanisme (liée au bien-être corporel et de l’esprit) si caractéristique de la “civilisation lyonnaise”.

Notre engagement est donc de traiter ce monument historique non pas comme une contrainte mais comme un stimulant en s’appuyant sur les données uniques d’excellence de l’œuvre reçue et le potentiel très large d’utilisation des espaces extérieurs comme des espaces intérieurs. Derrière ces pierres, se cachent une richesse humaine, scientifique et esthétique. C’est cette osmose des trois qui donne une dimension exceptionnelle à l’Hôtel-Dieu, et qui en fait un édifice inspiré.

Albert Constantin et Claire Bertrand

Ce projet est une opportunité rare pour un architecte, doublé d’une grande responsabilité. Il s’agit de ne pas faire d’erreurs d’interprétation car nous nous appuyons sur un vécu, une histoire, un patrimoine collectif pour imaginer un lieu d’avenir.

La priorité était de profiter d’un lieu d’exception pour en faire un espace vivant ouvert sur la ville. Redonner au public les 8500m² de cours et galeries souvent méconnues grâce à la création de jardins sur le modèle des jardins d’apothicaires. Mes mots d’ordre sont ouverture et mixité. Ouverture, car on passe d’une à sept entrées. Mixité, avec une offre variée et cohérente d’activités et de services sur le site réhabilité en direction d’un public large.

Nous rendons également hommage à la mixité architecturale du lieu où se superposent plusieurs styles.

Trois époques architecturales cohabitent et incarnent les différents enjeux du projet. La fonctionnalité du lieu se décline de manière claire : un dôme, une fonction. Le grand Dôme de Soufflot accueille la partie de prestige avec l’hôtel Intercontinental. Le petit dôme et les 4 rangs incarneront la mémoire du lieu. Enfin, le dôme du XIXème siècle (Pascalon), la partie contemporaine, verra s’installer les activités commerciales et tertiaires.

Car l’Hôtel-Dieu a vocation à devenir un levier d’attractivité pour la ville. Et nous tenons à ce que les alentours du site retrouvent un second souffle. Ainsi, parmi nos priorités, la rue Bellecordière doit devenir l’une des plus belles de Lyon.